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Troubles du cycle4 min de lecture

Règles douloureuses : ce qui est courant, et ce qui ne doit pas être banalisé

« Ma fille, c'est normal, on a toutes mal. » Une gêne légère est fréquente, mais une douleur qui vous arrête n'est pas une fatalité. Voici comment faire la différence.

Dr Kastelie, fondatrice de CycliquesMédecin et naturopathe ·

Combien d'entre nous ont manqué l'école, le travail ou une cérémonie familiale à cause de leurs règles ? Et combien ont entendu qu'il fallait « supporter » ? Les règles douloureuses sont très fréquentes, mais fréquent ne veut pas dire normal quand la douleur vous empêche de vivre.

Pourquoi les règles peuvent faire mal

Pendant les règles, l'utérus se contracte pour évacuer sa muqueuse. Ces contractions sont provoquées par des substances appelées prostaglandines. Quand elles sont produites en grande quantité, les contractions sont plus fortes et la douleur aussi : crampes dans le bas du ventre, parfois dans le dos ou les cuisses, nausées, fatigue.

Les médecins parlent de dysménorrhée. Il en existe deux formes :

  • la dysménorrhée primaire : la douleur vient des contractions elles-mêmes, sans maladie en dessous. Elle commence souvent à l'adolescence, peu après les premières règles, et a tendance à s'atténuer avec les années ;
  • la dysménorrhée secondaire : la douleur est liée à une cause qu'il faut chercher, comme l'endométriose, l'adénomyose ou des fibromes. Elle apparaît souvent plus tard, ou s'aggrave avec le temps.

Ce qui peut vous soulager

Certains médicaments anti-inflammatoires sont efficaces sur les douleurs de règles, car ils freinent la production de prostaglandines. Demandez conseil à un médecin ou à un pharmacien avant d'en prendre, surtout si vous avez un ulcère, un problème de reins, de l'asthme, ou si vous êtes peut-être enceinte. Évitez d'enchaîner les comprimés « au hasard » ou d'augmenter les doses vous-même.

Et le syndrome prémenstruel ?

Dans les jours qui précèdent les règles, beaucoup de femmes ressentent des changements : seins gonflés et sensibles, ventre ballonné, irritabilité, tristesse, envies de sucré, troubles du sommeil. C'est le syndrome prémenstruel (SPM). Il disparaît en général dans les premiers jours des règles.

Une alimentation régulière, moins de sel et de sucre en fin de cycle, une activité physique douce et un bon sommeil aident souvent. Si votre humeur devient très sombre chaque mois, au point d'affecter vos relations ou votre travail, parlez-en : il existe une forme plus intense, qui se soigne.

Les signaux qui doivent vous faire consulter

Allez aux urgences sans attendre en cas de douleur brutale et très intense, de fièvre, de malaise, ou si vous pourriez être enceinte.

Avoir mal n'est pas un passage obligé pour devenir une femme. Votre douleur mérite d'être écoutée, et elle a souvent une explication.

En parler, c'est déjà avancer

Pour préparer votre consultation, notez pendant deux ou trois cycles : les jours où vous avez mal, l'intensité de la douleur (de 0 à 10), ce qui vous soulage ou non, et l'abondance de vos règles. Ces notes aideront beaucoup votre médecin.

Et si vous vous êtes reconnue dans cet article, vous n'êtes pas seule : dans la communauté Cycliques, beaucoup de femmes ont vécu la même chose, et ont trouvé des réponses.

Cet article vous informe et vous aide à mieux comprendre votre corps. Il ne remplace pas une consultation : pour toute question sur votre santé, parlez-en à un médecin ou une sage-femme.

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